La CCHB a validé ses nouveaux statuts, que le Conseil Municipal a votés à son tour.  Il est cependant un point que ni la CCHB ni la municipalité de Bagnères ne veut entendre, c’est celui concernant la cuisine centrale.

Tout d’abord, malgré l’absence de délibération exigé par le Code des Collectivités Territoriales, la possibilité est donnée aux agents de la CCHB de prendre leur repas « dans un local spécifique, repas confectionné par la cuisine centrale et facturé 4,50€ ». S’il est tout à fait possible pour une collectivité territoriale de permettre à ses agents de bénéficier d’avantages en nature-nourriture (et nous ne remettons absolument pas ceci en cause), nous avons demandé à plusieurs reprises que cet avantage ne soit pas réservé à un petit nombre d’agent (une petite dizaine nous dit-on), mais qu’il soit étendu à l’ensemble du personnel sous la forme de chèques-restaurants comme c’est le cas dans bon nombre d’entreprises privées et nombre de collectivités locales comme la Loi l’autorise (Loi Sapin du 3/01/2001). Cette mesure de justice sociale est restée à ce jour sans réponse.

Ensuite, les Statuts de la Cuisine Centrale lui permettent de servir des repas à des groupes « extérieurs », ce qu’elle faisait déjà par ailleurs. Ainsi, en 2014, ces 8,20% de « prestations autres »  ont concerné 8 828 repas ; en 2015, 9 700 repas soient plus de 800 repas/mois. 800 repas par mois à 5,50€ subventionnés par la ville. Ces prestation dites « autres » ne sont nullement définies et peuvent regrouper tout et n’importe quoi. Or, cette pratique est illégale aux yeux du législateur au prétexte que les collectivités « doivent respecter l’initiative privée, au nom de la liberté du commerce. Celle-ci interdisant aux communes de créer des services publics industriels et commerciaux, sauf si l’initiative privée est inexistante ou défaillante dans la commune. » On ne peut prétendre qu’il y a un manque de restaurants sur Bagnères ! Cependant, au rythme où la CCHB et la Commune tentent de se substituer à l’hôtellerie-restauration sur le territoire, il se peut que rapidement, il ne reste plus grand-chose de cette activité !

« Quel restaurant peut offrir des repas à moins de 5€ », nous ont dit les élus en charge de la Commune. Personne, messieurs ! Et nous nous érigeons contre cette vision populiste, parce qu’un repas, cela a un coût, un coût en terme de marchandises si l’on veut des paysans rétribués correctement pour leur travail, un coût en terme de main d’œuvre si l’on veut des employés correctement payés, si l’on veut des commerçants pouvant vivre décemment de leur activité.

Enfin, dernier point : ces groupes extérieurs seraient donc ainsi exonérés de cette contribution injuste mais payée par tous, la TVA ?

Aux élus de la majorité qui s’étonnent bruyamment que le Front de Gauche défende ainsi le petit commerce, nous répondons que nous ne serons jamais favorables à l’ubérisation en marche de la société. Travailler 70 heures par semaine pour moins que le SMIC n’est acceptable pour personne. Car derrière chaque marchandise et prestation à prix cassé, il y a avant tout l’exploitation de l’humain.