Sous prétexte de renouveau politique, le nouveau président de la République, M Macron, s’apprête à accentuer encore un peu plus la dérive présidentialiste de notre République. Au nom du progrès, le nouvel élu souhaite ramener le droit du travail au XIXème siècle et choisit, contre toute attente, de réutiliser, pour le Ministère de la Défense, un nom abandonné depuis plus de 40 ans, Ministère des Armées, et utilisé uniquement au lendemain de la seconde guerre mondiale. Sans parler de cette remontée des Champs Elysées en véhicule militaire le jour de son investiture, véritable première dans la 5ème République, et qui peut légitimement nous inquiéter.

Les média annoncent une chambre des députés unicolore, où députés En marche, Socialistes et Républicains voteront, dans un même ensemble, les lois de régression sociale annoncées : réforme du code du travail, augmentation de la CSG, suppression de dizaines de milliers de fonctionnaires… Notre régime parlementaire est bien malade et c’est bien d’un changement d’institutions dont la France a besoin, pas d’un nouveau Napoléon III.

Le renouveau politique sur notre circonscription se traduit par la candidature du maire de Bagnères, M Sempastous, qui fait de la politique sans le savoir depuis plus de 25 ans et qui veut faire croire à une virginité en la matière qui est loin de correspondre à la réalité. Comme une grande partie des candidats macronistes, le maire de Bagnères se caractérise par un papillonnage politique emprunt d’opportunisme, mais aussi par un engagement fort à « voter les lois que proposera M Macron sans hésitation ». Ce n’est pas notre vision d’une démocratie parlementaire ni du rôle du député. Des députés « godillots » qui lèvent la main quand on le leur demande n’ont jamais fait avancer le pays ! De plus, l’Assemblée doit être représentative des différents courants politiques et idéologiques du pays. L’hégémonie n’est jamais la bonne solution pour faire des réformes. Car, ni M Macron ni M Sempastous, ne doivent perdre de vue que si seuls 18% des inscrits ont voté pour le programme de l’actuel président, cela signifie aussi que 82% des Français ne l’ont pas choisi. Comment cette partie de la population va-t-elle être représentée dans la future assemblée ?

Quant aux promesses de campagne sur lesquelles s’engage le Maire, elles sont bien souvent à rebours de son action à la municipalité : comment peut-il nous vendre un tourisme des 4 saisons lui qui n’a investi que sur les pistes de ski et qui ne voit le développement touristique que sur La Mongie ? Comment peut-il s’engager à de la transparence  sur les indemnités des élus alors que sur la ville, les élus du Front de Gauche n’ont jamais pu avoir une réponse claire de sa part sur le sujet ? Comment peut-il prétendre à rendre compte de son action en tant que député alors que toutes les décisions sur la ville sont prises sans concertation aucun et en tout petit comité, « pour aller plus vite » ? Comment peut-il déclarer être à l’écoute de la population alors que sur le dossier des écoles, il n’a écouté que lui-même ? Comment même peut-il se dire démocrate quand il assure dans la presse qu’il « proposera le moment venu, la personne pour continuer à gérer » la commune ? A quoi sert de voter, à quoi sert le Conseil Municipal si le futur nouveau Maire est nommé par cooptation ?

N’oublions pas de regarder la réalité en face : sur la ville de Bagnères, le Front National est passé de 490 voix en 2012, à 897 en 2017. Bilan catastrophique du quinquennat Sarkozy et de la présidence Hollande, par ailleurs soutenu par le candidat M Glavany. Nous ne pouvons nous contenter de ces résultats. Notre démarche, au Front de Gauche, reste une démarche de rassemblement. Jamais une seule force de la gauche n’a gagné sans  les autres. Notre soutien à la candidature de M Mélenchon a été plein et entier. Mais le rassemblement ne peut se faire en demandant à chacune des forces en présence de perdre l’identité qui lui est propre. Après ces élections où tous les partis vont être jetés dans la grande lessiveuse macroniste, il nous faudra poser la question de la refondation d’une gauche digne de ce nom et de ses valeurs. Nous continuerons d’œuvrer dans ce sens sur le territoire qui nous occupe, celui du haut Adour.