La direction académique demande depuis plusieurs années aux maires de Bagnères de réduire son nombre d’écoles. Il faut « optimiser les moyens » en termes de personnels et de bâtiments, rigueur oblige. (Déjà en 2014, l’école des Palomières ferme et Mérilheu redevient une classe unique). Le Maire de Bagnères n’est pas sourd à ces demandes car dès novembre 2014, il pose la question du bien-fondé du maintien de trois écoles élémentaires sur la ville. Au vu de la baisse annoncée du nombre d’élèves dans les écoles pour la rentrée 2016, l’Inspecteur d’Académie décide la fermeture de deux postes d’enseignants en élémentaire. Les parents se mobilisent, le Maire décide la mise en place d’un Comité de Pilotage  ayant pour objectif de réfléchir à une réorganisation des écoles. C’est à partir de ce moment que les choses commencent à déraper.

La composition même du groupe de pilotage est très restrictive (6 directeurs + 6 parents). La Commission école se réunit 2 fois en tout sur le sujet. Mais le présupposé du Maire annonce de fait, un fin de non recevoir : pas question de toucher à l’école Carnot, école de centre-ville, « véritable poumon de la ville », qui doit rester en l’état. Conclusion, les discussions ne concernent plus que les écoles du Pic du Midi et Jules Ferry. Le choix est rapide : fermeture de l’école du Pic du Midi, transfert des classes à Jules Ferry. « Fin de la récréation », comme dit si bien le Maire. Il négocie cette restructuration contre le maintien du poste de Carnot, fermez le ban, il n’y a plus rien à voir ! Le groupe de Pilotage ne pilotera rien du tout, le Maire et son adjointe aux écoles se contenteront de suçoter leur crayon en écoutant d’une oreille distraite les propositions qui leur seront faites… Quant aux élus municipaux du Parti Socialiste, ils applaudissent des deux mains la fermeture « d’une école qui n’aurait jamais dû exister » (sic).

Septembre 2017, l’école du Pic du Midi, rénovée intégralement en 1997 pour un coût de 470 000€, verra ses locaux affectés à des fins autres que scolaires. Si nous ne pouvons que saluer les rénovations prévues des écoles Jules Ferry et Carnot, pour autant les choix de la majorité municipale ne sont absolument pas rassurants pour les écoles publiques de Bagnères. Seule une vision globale dans ce dossier pouvait être portée, or ce sont des décisions au coup par coup et à courte vue qui ont été actées.

Quid d’un véritable audit public sur l’état des bâtiments scolaires afin d’évaluer très précisément la nature des travaux à engager et leur coût pour les finances publiques ? Quid d’une étude sur l’implantation des écoles publiques et privées sur le territoire bagnérais ? Quid sur les besoins en termes de locaux, d’espace, de sécurité, d’installations sportives, que nécessite de nos jours l’enseignement du premier degré ? Rien de tout cela n’a même été abordé et pourtant, cela aurait permis de construire une politique scolaire cohérente et répondant aux besoins actuels des enfants, des personnels mais aussi aux besoins de la population bagnéraise.

En lieu et place, le Maire a choisi d’investir des centaines de milliers d’euros sur l’école Jule Ferry (abattage de tous les arbres, cour de récréation inadaptée, installation de fenêtres inadéquates et donc vouées à être refaites), et prévoit des travaux de rénovation dans toutes les classes durant tout le dernier trimestre, en présence des élèves, afin que les locaux soient prêts pour la rentrée 2017. Précipitation n’est par raison ; à ce jour ni la Commission travaux et urbanisme ni le Conseil Municipal ne sont au fait de la nature de ces rénovations et rien ne dit que la détection d’amiante imposée par la Loi Travail avant tous travaux dans un bâtiment, n’amènera pas quelques surprises supplémentaires au vu de l’âge dudit bâtiment et de la nature des revêtements au sol. Mais ce n’est pas tout, car le Maire a promis aux parents d’élèves de rénover également l’école Carnot. Notre questionnement est le suivant : pourquoi fermer une école reconnue par les services de l’Education nationale comme la seule répondant aux exigences d’accessibilité, de sécurité, de confort pour les personnels et les élèves, et engager des travaux dispendieux dans les autres écoles, alors même que l’école Carnot pose des problèmes en termes de stationnement, de sécurité et d’accessibilité avec, qui plus est, des maternelles à l’étage, ce que l’Inspecteur d’Académie proscrit par ailleurs ? Sans remettre en cause la nécessité d’une école centre-ville, la priorité aurait été d’en alléger les effectifs pour la rendre vivable pour tous, élèves, enseignants et riverains.

Au final, les décisions du Maire prises au sein de cabinets restreints aboutissent à une amertume profonde chez les principaux intéressés. Une solution consensuelle aurait pu être trouvée si elle avait été travaillée par tous, dans l’intérêt général, solution qui aurait permis de conserver des conditions favorables d’enseignement, qui ne soit ni ruineuse pour la ville, ni déséquilibrée et qui ne favorise personne en particulier.

 

Les élus du Font de Gauche :   Sylvette Le Moal    Stéphane Toujas    

Les élus de Bagnères Solidaire :     Isabelle Daudier          Alain Pujo